Moulin de Tannières

« Le moulin à blé de Tannières, mû par l’eau du rû de Banru, est connu dans l’histoire sous le nom de moulin de Courtieux. Cette dénomination lui vient de ses anciens propriétaires, les seigneurs de Courtieux et lui fut laissée, malgré sa situation, sur le territoire de Montigny-Lengrain, même quand les seigneurs de Hautefontaine l’eurent acheté.

Dès 1144, le moulin existait ; il en est parlé dans un règlement donné à cette date, par Joslein de Vierzy, évêque de Soissons, au sujet du partage des oblations, entre le curé de Montigny-Lengrain et le prieur de Pierrefonds

15**-1597. Eloi Chrétien, meunier

1597 (7 août). « Honnête personne, Eloi Chrétien, receveur et administrateur de la terre et seigneurie de Courthieulx (Courtieux), loue à Charles Noël pour le terme et espace à parfaire du bail qu’il a du seigneur de Saint-Phalle, le moulin à blé de Courtieux, paroisse de Montigny-Lengrain, moyennant une redevance annuelle de 52 esseins de blé »(Archives notariales de Vic-sur-Aisne)

1597-1619 ; Charles Noël, meunier

1610. Georges Poucher, receveur et administrateur de la seigneurie de Courtieux, loue pour cinq ans le moulin et ses dépendances à Charles Noël, à la redevance annuelle de 50 esseins de blé. Ce bail fut renouvelé et Charles Noël ne quitta le moulin qu’en 1619.

1619. « Jehan Gaiard, receveur et administrateur de la seigneurie de Courtieux, demeurant à la maison seigneuriale dudit lieu, au nom et comme fondé de pouvoirs du marquis de Saint-Phalle, baille pour neuf ans à Hubert Harduin, meunier du moulin à vent de Fresne, paroisse de Camelin, le moulin à blé de Courtieux, paroisse de Montigny-Lengrain, comprenant maison, étable, jardin, cours d’eau et tout ce qui dépend dudit moulin, avec trois pichets de terre et pré au-devant, trois pichets de terre au-dessous, moyennant 100 livres tournois de fermage, payables en deux termes égaux : à la Saint-Jean-Baptiste et à Noël. »

1645-1669 Sulpice Follet et Antoinette Bézard, son épouse, meuniers

Le 10 février 1650, Ils louent pour une durée de vingt-sept ans le moulin de Poulandon (Ressons-le-Long) (minute de Me Demont, notaire à Ambleny) . Ils devaient entrer en jouissance le 1er mars 1650, mais ils ne quittèrent pas le moulin de Tannières et transportèrent leurs droits du bail de Poulandon, le 11 avril 1651, à Laurent Molin, meunier à Massenencourt (Autrêches), moyennant cent livres tournois de principal pour le moulin, quinze livres pour les terres et prés, et Cent sous d’épingle pour la femme Follet.

En 1668, le moulin de Courtieux et ses dépendances appartenaient à M. de Brion, seigneur de Hautefontaine, de Montigny-Lengrain et de Courtieux.

1669-1677 Charles Hayne, meunier.

1677-1686 Sulpice Bourgeois, meunier.

1686-1704 Félix Bourgeois, meunier.

1704-1731 Jean Beaumé et Catherine Moutardier, sa femme, meuniers.

1731-1746 Jean Beaumé et Marie Charpentier, sa femme, meuniers.

1746-1751 Christophe Albois et Marie-Louise Cabaye, meuniers. Ils quittent Tannières en 1751 pour le moulin de Moulin-sous-Touvent.

Le 23 février 1764, Cyrus, Marquis de Brion, vend le moulin de Tannières à Charles-Edouard, comte de Rothe.

A la mort du comte de Rothe, survenue le 6 août 1766, sa veuve, Lucie-Catherine Cary de Falkland, hérita du moulin de Tannières.

1776-1794. Louis Pugnant et Germaine Mangin, son épouse, meuniers.

A la révolution, le moulin fit retour à la Nation comme bien d’émigrée ; en conséquence, Louis Pugnant paie en 1793, au Trésor, sa redevance annuelle, soit 200 livres, 4 muids de froment et 2 muids de seigle, mesure d’Attichy.

Le 19 décembre 1805, Charles-Nicolas Bléry, meunier-propriétaire du moulin de Courtieux et Marie-Josèphe Petit, son épouse, vendent ledit moulin et ses dépendances avec cinq pièces de terre et prés, à Joseph Durand, meunier et huilier au Foulon (Saint-Bandry), et à Marie-Elisabeth Tassin. Ceux-ci devaient entrer en jouissance le 24 juin.

1806. Les clauses du contrat étaient assez singulières :

« Les sieur et dame Bléry ne demeuraient aucunement et dans aucun cas garants de l’affranchissement de la rente dont ledit moulin et ses dépendances étaient chargés envers le seigneur avant la loi de 1793 et autres lois relatives aux rentes mêlées de féodalité, les acquéreurs en faisaient leur affaire personnelle et s’engageaient à servir aux sieur et dame Bléry, jusqu’au décès du dernier survivant, en leur demeure future d’Attichy, une rente viagère ainsi composée : 197 fr.50, 53 hectol. ¾ de blé froment, 26 hectol. 87 l. ½ de seigle, 24 paires de bons pigeonneaux, 2 paires de chapons, 2 paires de Poulets. »

Le moulin de Courtieux et ses dépendances appartenaient à Bléry Charles-Nicolas et à son épouse, comme héritiers de Marie-Joséphine Bléry, leur fille décédée, qui les tenait par héritage de son frère consanguin, Charles-Martin Bléry, décédé, mineur, fils d’un premier mariage de Charles-Nicolas Bléry avec Marie-Béatrix Pugnant. Marie-Joséphine Bléry avait eu les droits cédés de la ligne maternelle, de son frère Charles-Martin Bléry, par transaction passée devant Me Guyssot et son confrère, notaires à Soissons, le 30 décembre 1800, de Louis Pugnant, cultivateur à Tannières, et de Geneviève Mangin, son épouse. Charles-Martin Bléry possédait la moitié du moulin et ses dépendances, comme héritier de sa mère ; et l’autre moitié appartenait à Charles-Nicolas Bléry, son père, qui l’avait acquis en entier avec Marie-Béatrix Pugnant sa première femme, des sieur et dame Pugnant, par contrat de mariage, en date du 25 janvier 1794.

1814, Sébastien Gallet et Marie-Catherine Durand, meuniers.

En 1823, Mme de la Tour du Pin, née Lucie de Dillon, comme unique héritière de sa grand’mère, Lucie-Catherine Cary de Falkland, réclame aux propriétaires du moulin de Courtieux la rente portée au bail dudit moulin, le 20 décembre 1781. (à cette date le moulin et ses dépendances avaient été loués par bail à rente, à Louis Pugnant. – En 1805 Louis Pugnant était meunier à Saint-Médard-lès-Soissons.)

Le tribunal de Soissons, saisi de l’affaire, débouta après de longs débats les demandeurs et les condamna aux frais. Ce jugement fut rendu, le 26 juillet 1824, en vertu « de la loi du 17 juillet 1793, qui supprimait sans indemnité toutes les redevances ci-devant seigneuriales, droits féodaux fixes et casuels, même ceux conservés par décret du 25 août. » (Archives de la famille Labbé, de Tannières).

Le moulin de Courtieux devint vers 1830 la propriété de la famille Labbé, dont les membres s’y succédèrent en qualité de meuniers. Il cessa de fonctionner vers 1890 et les bâtiments furent vendus, en 1905, à M. Debeaupuits, maire de Courtieux, par Charles-Joseph Labbé, veuf de Clémence Fagner. » (extrait du livre de la Société Historique de Compiègne, « Histoire de Montigny-Lengrain » par J. Saincir . Imprimerie du Progrès de l’Oise, 20 Place de l’hôtel de Ville. 1931).

 


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05/11/2012